#jesupportelapression : la campagne de financement participatif

 

Nous avons lancé il y a quelques jours une campagne de financement participatif pour le financement des fûts, des tireuses à bière et du matériel d’enfûtage!

Ce matériel nous avions prévu de l’acheter au bout d’un ou deux ans, mais pouvoir démarrer l’activité avec serait un plus énorme :) Nous pensions au financement participatif depuis le début mais nous na savions pas quel serait le moment idéal. Un appel à projet entre le Crédit Agricole et la plateforme Bulb In Town nous a convaincu de le faire le plus rapidement possible : dès la création.

Et après 10 jours nous ne le regrettons absolument pas! Il y avait un risque car personne ne connait encore la brasserie ni nos bières. Mais c’était aussi une occasion unique de faire découvrir notre façon de voir les choses et l’état d’esprit que nous insufflons à notre brasserie. Aujourd’hui, sur les 9 000€ dont nous avons besoin pour mener à bien la campagne, nous avons déjà récolté 4 625€! Tout simplement incroyable :)

Ce tableau récapitule les contreparties que nous proposons. Un choix fort de notre part : ne pas transformer cette campagne en oeuvre caritative!
Ce tableau récapitule les contreparties que nous proposons. Un choix fort de notre part : ne pas transformer cette campagne en oeuvre caritative!

Notre choix de s’entourer d’une bonne équipe d’associés porte ses fruits et nous les remercions! Nous remercions aussi tout nos amis qui ont participé financièrement ou en faisant connaitre la campagne à leurs amis et sans qui nous ne serions pas à ce taux de réussite :)

La prochaine étape se situe au niveau local : la presse locale nous donne déjà un coup de main et nous allons mettre quelques affiches dans des lieux stratégiques. Avoir le soutient de nos proches est énorme, mais si en plus nous pouvions récolter le soutient de nos futurs clients, cela serait une marque de confiance fabuleuse!

Voici les affiches que vous pourrez voir dans le canton :) N'hésitez pas à en parler!
Voici les affiches que vous pourrez voir dans le canton :) N’hésitez pas à en parler!

Plus d’info sur http://jesupportelapression.fr ou sur http://facebook.com/leperelamer. Et si vous souhaitez nous aider un peu : https://www.bulbintown.com/projects/le-pere-l-amer.

Nous ferons un point à mi-campagne pour expliquer comment nous avons géré le lancement et ce que nous ferions autrement…ou pas :)

Création, statuts, capital social : explications!

Notre projet de création avance à grand pas et nous avons déjà eu un paquet de réflexions et de choix à faire par rapport à différents sujets (juridique, financier, matériels, stratégie, valeurs, communication, etc.).

Concrètement, pour aller plus loin aujourd’hui il faut absolument que nous passions par la case création de la société. Nous avons fait le choix de nous entourer de nos amis proches et de nos familles pour cette aventure. Les raisons sont multiples et feront peut-être l’objet d’un article dédié mais citons quand même les deux principales. Vivre une aventure à 30 personnes est l’aspect le plus important : nous savons par expérience qu’entreprendre est difficile. Avoir ces personnes-là à nos côtés sera la première force de notre société. L’aspect qui est directement lié (puisqu’ils seront associés) est l’apport financier que cela représente et c’est une aide plus que bienvenue! Et ce choix a aussi causé notre premier changement de plan :)

La répartition du capital social : nos prévisions

Quand nous avons commencé à envisager sérieusement de créer notre micro brasserie nous avons commencé à lister les dépenses liées à la création de l’entreprise (installation, achat de matériels, approvisionnement pour les premiers brassins, charges pour les premiers mois, …). Nous avons évalué le montant à 50 000€ au minimum en rognant sur certains postes, en réalisant les travaux nous-même, en prenant une partie du matériel d’occasion et sans avoir une idée très précise du montant des travaux à réaliser (mais il y a de la marge entre le tout confort et le strict nécessaire pour démarrer l’activité correctement!).

Nous avons alors demandé à nos parents si ils pouvaient nous faire un prêt à hauteur de 15 000€ ce qu’ils ont acceptés et nous profitons de cette occasion pour les remercier une fois de plus (mais sans doute pas la dernière!) :)

Avec notre idée de vivre cette aventure avec nos proches, nous espérions réunir 5 000€ de plus (voici le mail que nous leur avons envoyé : Le Père l’Amer : Acte 1 Scène 1). Nous avions fixé un « ticket d’entrée » à 100€ pour que tout le monde puisse participer mais aussi pour que la prise de participation soit relativement conséquente et donc engageante (dans le sens « pas prise à la légère »). Nous tablions sur le gros des engagements à 100€ et quelques fous furieux à 200 ou 300€.

Pour les 30 000€ restants nous allions souscrire un prêt bancaire (nous avons déjà les offres des deux banques que nous avons contactées).

Seulement cela ne s’est pas passé comme prévu!

La répartition du capital social : dans la vraie vie

Une fois notre plan établi nous avons contacté tout nos futurs associés pour leur expliquer le projet (business plan et prévisionnel à l’appui) et savoir d’une part si ils étaient intéressés et d’autre part, si oui, à quelle hauteur ils voulaient participer et nous soutenir. Et là, énorme surprise! Au fur et à mesure que nous recevions les réponses, le montant des prises de participation s’envolait! Ce n’était pas forcement les personnes les plus dures à convaincre du bien fondé de notre projet mais pour nous c’est déjà une belle victoire.

A combien se monte le total des participations de nos associés? Plus de 15 000€! Oui vous avez bien lu (et je viens bien de l’écrire!). Et vous devez commencer à deviner à quel problème de riche nous avons été confronté : Céline et moi sommes devenus minoritaires dans la société que nous créons 😀

Répartition selon le plan de base
Après avoir reçu les réponses de nos amis et familles, en suivant le plan initial (1 action = 100€, création directe avec tout le monde) voici la répartition du capital. Céline et moi ne représentions « que » 49.8%.

Si au début cet état de fait nous semblait « normal », des discutions avec deux de nos futurs associés (les deux Benoît) nous ont amenées à nous poser des questions : quid de la prise de décision et de la rémunération. Pour la prise de décision notre point de vue a été assez nuancé : si nous souhaitons créer cette entreprise à 30 ce n’est pas pour ne pas prendre en compte l’avis de nos associés. Mais détenir les 2/3 des actions peut éviter de nous retrouver dans une situation de blocage, voir dans le cas où nous serions minoritaire de devoir faire des choses auxquelles nous ne croyons pas (et puis honnêtement, nous le faisons avec nos amis et familles, pas avec d’illustres inconnus dont nous ne connaissons ni les motivations ni les valeurs). Par contre l’aspect rémunération nous a vraiment posé un problème « éthique ». Aussi bien Céline que moi râlons sans arrêt sur les différences entre rémunération du capital et rémunération du travail. En tant qu’entrepreneurs nous savons qu’il est presque impossible de lancer une activité sans apport de capital et que cela représente un risque, et donc qu’une rémunération (dividende et/ou vente de la société) est normal. Mais pas plus haut que pour ceux qui travaillent tous les jours au bon fonctionnement de l’entreprise.

L’avantage d’avoir plein d’associés, c’est que nous pouvons discuter de ces questions avec plein de monde! Et la première chose que nous avons voulu savoir concerne les motivations de nos associés. Ce qui revient le plus et les objectifs de notre dream team sont dans l’ordre :

  • participer au projet
  • que le projet réussisse et que la bière coule à flot
  • si ils récupèrent leur mise sous une forme ou une autre c’est déjà bien
  • si en plus ils réalisent un gain, c’est la cerise sur le gâteau.

Il peut y avoir des variations d’une personne à l’autre mais le pattern moyen est celui-ci. Au moins nous sommes fixés et pouvons avancer sereinement sur les décisions à prendre pour la création de la société.

Ca va trancher Chérie!

Nous avons donc imaginé plusieurs solutions visant le même but : ramener notre part à 67% pour à la fois être majoritaire sur la prise de décision et revenir sur un partage des gains (si il y en a) plus juste à nos yeux.

La première est de limiter les prises de participation à 500€ par personne. C’est à la fois dommage pour l’entreprise et frustrant pour ceux qui voulaient contribuer au-delà de ce montant mais cela a l’avantage d’être simple.

La deuxième est de créer deux classes d’actions : une pour les fondateurs avec des droits étendus (droits de vote double, rémunération double) et une « classique » pour nos associés. L’objectif est atteint mais c’est compliqué au niveau juridique et entraîne un surcout à la rédaction des statuts.

La troisième est d’emprunter plus pour augmenter notre prise de participation mais nous sommes un peu à la limite de ce que nous pouvons raisonnablement emprunter. Il aurait fallu doubler notre emprunt.

La quatrième, et c’est celle que nous avons retenue, est de faire dans un premier temps la création de l’entreprise avec les deux fondateurs, suivie d’une augmentation de capital.

Cette solution permet d’aller plus vite pour la création (uniquement deux personnes) et donc de lancer les commandes de matériels ou de travaux plus rapidement. Elle permet de mettre en avant au niveau des statuts les deux fondateurs. C’est peu significatif maintenant, mais cela peut avoir son importance dans le futur. Cette solution nous permet également d’ajuster la fraction du capital que nous souhaitons conserver. Elle permet aussi de bénéficier de la totalité des apports. Elle entraîne néanmoins un changement pour nos associés : la valeur d’une action diminue par rapport à ce que nous avions prévu dans notre mail introductif. Dans notre prévision, une action valait 0.5% de la société (50 actions à 100 euros pour 25% du capital). Maintenant la valeur de l’action (en % de l’entreprise) dépend de l’apport de tout les associés. A l’heure où j’écris ces lignes le total se porte à 15 100€ pour 33% du capital. Avec des actions à 100€, une action représente 0.218% du capital. Si certains voulaient contribuer un peu plus la valeur descendrait encore un peu, si par contre certains voulaient se retirer ou baisser leur participation la valeur d’une action augmenterait.

Voici la nouvelle répartition obtenue par l'augmentation de capital.
Voici la nouvelle répartition obtenue par l’augmentation de capital. Pour repère, le plus gros contributeur (orange) voit sa quote part de capital passer de 10% à 6.6%.

La suite des évènements

Maintenant que nous savons comment nous allons procéder il va falloir dans l’ordre :

  • terminer les statuts pour la création
  • ouvrir un compte de dépôt dans la banque de notre choix
  • déposer les statuts au CFE qui s’occupe de le transmettre à tout le monde
  • faire une annonce dans le journal qui va bien
  • obtenir le KBis
  • revenir à la banque pour dire que tout s’est bien passé
  • modifier les statuts pour l’augmentation de capital.

Ca fait long et compliqué énoncé comme cela mais en fait cela se fait presque tout seul :)

Pourquoi cet article?

Tout d’abord parce que depuis le début, ici sur ce blog, nous avons fait le choix de la transparence (recettes, plans de fabrication de matériel coût inclus, etc.). Nous trouvons énormément de réponses à nos questions via les blogs/sites d’entrepreneurs, brasseurs, bricoleurs qui partagent leur savoir et leurs expériences, et nous souhaitons donc contribuer à ce cercle vertueux.

Avec plus d’une trentaine d’associés particulièrement dispersés (Vienne, Budapest, Sydney, Lomé, La Réunion et partout en France) s’est rapidement posé la question de la communication. Bien sûr nous utiliserons le mail et le téléphone pour des points d’avancements et les nouvelles du quotidien. Parallèlement ce blog « transparent » permettra d’éviter de longs mails indigestes pour détailler certains sujets, notamment ceux qui peuvent intéresser d’autres brasseurs, entrepreneurs, etc. Nos amis de Buffer nous ont largement inspiré avec leur blog http://open.bufferapp.com, merci à eux :)

Premier pitch du Père l’Amer!

Aujourd’hui était un grand jour (le premier?) de notre petite future entreprise. En effet, nous travaillons depuis presque deux mois sur notre business plan et notre prévisionnel financier. Et lors de notre dernier rendez vous à la chambre des métiers, notre interlocutrice nous a soumis l’idée de participer à un concours organisé conjointement par les trois chambres consulaires (agriculture, métier, industrie) : 5 minutes pour convaincre.

L’idée est de présenter votre projet devant un jury composé de professionnels de l’entreprise : banquiers, experts-comptables, assureurs, etc. Nous n’avions que 10 jours pour préparer le pitch mais nous avons décidé de relever le défi : présenter le projet à des interlocuteurs neutres, et à qui nous allons devoir parler et un bon entrainement! Et en plus il y avait une dotation de 1450€ : 1000 euros en cash à la création de l’entreprise et 450€ de prestation à la chambre des métiers.

Bon, je ne fais pas durer le suspens plus longtemps : veni, vidi, vici!!! Notre présentation est celle qui a le plus convaincu sur les 24 projets en lice!

Ci dessous vous trouverez le deck de slides que nous avons utilisé. Le jury était super emballé! Un seul point négatif : pas assez insisté sur la rentabilité (remarque du banquier of course, et à raison).

Donc nous repartons avec de bons feedbacks, 1000 euros en plus pour démarrer l’activité, un peu de couverture presse, des gens qui ont découvert et adhéré à notre projet et un patatometre à 100% :)

Prochaine étape : aller voir les banques pour de vrai!

En attendant, on lance un dry hopping sur notre dernier brassin à la fin de la semaine pour un embouteillage fin de semaine prochaine 😉

Récap hebdo #4 (22&23/2015)

Pas de récap’ hebdo la semaine dernière car il ne s’était pas passé grand chose : ni brassin, ni embouteillage. Seulement des avancées sur la nouvelle pico et comme nous voulions faire un article dédié une fois qu’elle serait finie… Bref! Voilà pour les deux dernières semaines :

  • Nous avons fini notre nouvel outil de brassage. Nous passons d’une capacité de production de 20L à potentiellement 80L par brassin. Dans un premier temps nous brasserons 50L ce qui nous permet de n’utiliser que deux futs de 30L pour la fermentation. En brassant une fois par semaine cela fait quand même 8 futs dans la maison (de 23m2 ^^) plus les caisses de bouteilles!
  • La brasserie étant finie nous avons réalisé notre premier brassin test. Un remake d’un SMASH que nous avions brassé : Pilsner + Brewer’s Gold + S33 sur une partie et S-04 sur l’autre. La recette et le compte rendu sont en ligne.
  • Nous avons embouteillé la FirstIPA qui comme son nom l’indique est notre première IPA. La recette n’est pas encore en ligne mais l’idée était de partir de la Sauvinette (qui est toute gentille, toute mignonne) et de la muscler un peu. Nous avons gouté la première ce soir : un bon début de carbonatation et c’est vraiment prometteur! Alcool plus présent sans être envahissant. L’amertume pourrait être un poil au dessus et les arômes sont vraiment sympa avec le trio Centennial, Nelson Sauvin et Willamette!

Nous avons prévu un brassin et au moins un embouteillage cette semaine, la suite bientôt!

Brassin #14 – SMASH #2.1 Brewer’s Gold

Le premier brassin avec notre nouvelle pico brasserie! Pour l’occasion nous avons rebrassé une recette. Déjà pour tester le matériel nous préférions avoir une référence et quelque chose de simple. Et puis nous avions prévu de rebrasser 20L de ce SMASH pour le baptême de notre nièce cet été (et donc il ne fallait pas trainer!)

Ce SMASH était notre 2ème recette maison après le SMASH Centennial. L’objectif était de prendre le même malt (pilsner) et la même levure (S33) en remplaçant le Centennial par le Brewer’s Gold. Le résultat était plutôt sympa bien que là aussi nous l’ayons trouvé un poil trop sucré. Pour cette version deux nous avons donc baissé (théoriquement :)) la température d’empattage d’un degré.

D’autre part, comme la nouvelle pico nous permet de brasser plus, nous avons séparé le moût en deux pour tester la recette avec deux levures. Nous avons donc 26 litres avec de la S-04 et 18L avec la S33.

Détails de la recette

Brassin Ebullition IBU SRM DI estimée DF estimée % alc.
50 L 90 min 19.4 IBUs 6.9 EBC 1.052 SG 1.012 SG 5.2 %

Grains

Name Quantité %
Pilsner (2 Row) Bel 11.83 kg 100

Houblon

Name Quantité Durée Utilisation Forme % Acide Alpha
Brewer's Gold 38 g 60 min Boil Leaf 6.1
Brewer's Gold 38 g 15 min Boil Leaf 6.1
Brewer's Gold 38 g 5 min Boil Leaf 6.1
Brewer's Gold 38 g 1 min Boil Leaf 6.1

Levure

Name Lab Atténuation Température
SafBrew Ale (S-33) DCL/Fermentis 73% 18.33°C - 22.22°C

Empattage

Etape Temperature Durée
Mash Step 66°C 60 min
Mash Step 78°C 10 min

Le brassage

Il a fallut quasiment tout réapprendre pour s’adapter au nouveau matériel et de nouvelles conditions puisque nous avons brassé dehors. D’habitude nous empâtions de manière classique avec un ratio compris entre 3 et 5 litres par kilo de grain puis nous rincions les grains après le mashout pour finir d’extraire le sucre. Dans le nouveau process l’idée était plus de faire comme un BiaB (brew in a bag) : les grains sont dans un sac (une marmite percée pour nous) et quand ils ont fini de cuire on enlève le sac (la marmite). Pas de rinçage donc et plus d’eau à l’empattage (toute l’eau!). Nous voila parti pour chauffer 70L d’eau froide là où nous chauffions 12/15l d’eau chaude.

Les grains viennent juste d'être rajoutés dans l'eau

Pour la chauffe le nouveau bruleur à l’air d’être OK et la pompe permet de faire recirculer le mout correctement. Il faudra que nous rajoutions un petit filtre pour éviter qu’elle ne se bouche un peu et perde en efficacité au fil du brassage. L’idéal serait sans doute une petite grille en inox, style « tamis » fixée au fond de la cuve filtrante. Il faut bien gérer l’inertie lors de la chauffe! 70l avec une chauffe directe : c’est chaud en bas de la cuve et moins en haut. La recirculation permet d’homogénéiser le tout plus rapidement mais on se fait vite quelques frayeurs en voyant le thermomètre monter!

La filtration fut un grand moment puisque nous testions le palan pour la première fois. Tout s’est bien passé! Nous remontions la cuve tout doucement pour que le niveau d’eau à l’extérieur et à l’intérieur s’équilibrent gentiment. La prochaine fois nous rincerons sans doute les drêches pour récupérer un peu plus de sucre! Les drêches étaient encore bien sucrée à la sortie. Presser un peu le gâteau ne sera sans doute pas une mauvaise idée non plus (avec modération quand même pour ne pas extraire de tanins) pour récupérer un peu plus de jus. Là il nous manquait 3 litres par rapport à la prévision de volume pré-ébullition.

Nous avions 59L à une densité de 1.040/1.042 contre 62L à 1.042 prévus. Nous avons utilisé la vanne de vidange pour prélever un échantillon de moût.

Utilisation du robinet de vidange pour prendre la densité

 

Comme on peut le voir sur la photo : c’est super trouble! Déception sur le coup puisque nous nous attendions à quelque chose de super limpide après 30/40 min de recirculation! Cela vient sans doute du ratio d’empattage très haut… Trop tard pour reculer de toute façon, c’est l’ébullition qui commence!

Et là miracle! Au bout d’à peine une 10aine de minute nous avons pu observer une magnifique cassure à chaud : le liquide est devenu ultra limpide avec plein de particules agglomérées en suspension. C’est un phénomène que l’on recherche pendant l’ébullition pour clarifier la future bière. A la fin nous faisons un whirlpool (une sorte de tourbillon) qui va faire se regrouper au centre de la cuve toutes les particules en suspension et ainsi ne pas les aspirer au moment de la mise en fût de fermentation.

Pour vous donner une idée de la limpidité nous avons pris une photo avec flash pour essayer de distinguer le tuyau à travers le moût. Jugez vous même :)

Le moût est d'une limpidité parfaite!

 

Nous envoyons donc 25/26litres dans le premier fut (ce qui correspondait théoriquement à la moitié du brassin) puis nous installons le second fut et là le volume reste bloqué à 18L :( Nous n’avons pas pensé à mesurer le volume dans la cuve! Au final il « manque » quand même 6L de moût. Après une demi seconde de réflexion (elle même après une minute de déception) : cela vient du paramètrage de notre matériel dans le logiciel avec lequel nous créons les recettes! Tant qu’on ne connait pas le matériel nous sommes obligé d’estimer certaines valeurs. Notamment le volume perdu par évaporation!. Nous avions mis 10% ce qui correspondait à peu près à notre ancienne installation. Erreur… Mais cela va nous permettre d’améliorer la précision des prévisions pour le prochain brassin :)

Voilà pour ce brassin, nous rajouterons des chiffres au fur et à mesure à la fin de l’article : notamment les prises de densité des deux splits (celui à la S04 et celui à la S33), le nombre de bouteilles ainsi que le coût au litre!

A bientôt!

Edit le 09/06/2015 :

  • Densité batch S33 : 1.012
  • Densité batch S04 : 1.010

Edit le 12/06/2015 :

Densité batch S04 : 1.008. La thèse d’un empattage trop bas se confirme!

La « pico » du Père l’Amer!

Pour les nons-initiés, « pico » est le diminutif de « pico brasserie ». C’est un peu le bas de l’échelle en terme de volume, dans notre cas c’est une « pico 100L » qui va nous permettre de brasser au max 80L/85L par brassin (soit 4 fois plus qu’avec le matos actuel).

Le concept

Le modèle courant se compose de 3 cuves : une cuve « matière » qui permet de réaliser l’empattage et la filtration/rinçage, une cuve « ébu(llition) » qui permet de…faire bouillir le moût et de chauffer l’eau de rinçage et une cuve tampon qui permet de récolter le début du moût filtré en attendant que l’eau de rinçage ait été vidée. C’est la manière de faire la plus répandue : c’est bien documenté, c’est plutôt facile à faire, ça marche bien. C’est même ce que nous contions faire au début après avoir acheté le très bon ebook d’Olivier Picard de La Chaumontoise (plein de photos de pico « tradi » sur le lien en question).

Pour des questions de place (et de budget) nous avons choisi de faire une pico assez compacte : une seule cuve de 100L (et donc un seul réchaud) dans laquelle se glisse une autre cuve légèrement plus petite (70L). La petite cuve permet de mettre le grain dedans et de faire l’empattage. Une pompe permet de faire recirculer le moût du bas de la cuve vers le haut pour homogénéiser la température et clarifier le mélange (le gâteau de drêche assure le rôle de filtre). Une fois cette opération réalisée on soulève cette cuve via un palan et comme son fond est pourvu de près de 200 entailles cela nous permet de séparer le jus du grain. Le moût clarifié retombe dans la cuve de 100L pour commencer la phase d’ébullition et le houblonnage. Enfin, la pompe permet d’envoyer le moût dans le refroidisseur puis en fermentation :)

Deux trois photos valent mieux qu’un long discours!

La fabrication

La première étape a été de réaliser un châssis pour porter le tout, le transporter et le ranger facilement. Nous avons utilisé du tube en acier de 30×30. Un espace en bas permet de loger le bruleur et la partie haute permet de fixer les poulies qui servent à remonter la cuve filtrante. Le tout fait un peu moins de 1m70 par 64cm par 64cm. Compacte nous vous disions!Le support de la pico

 

Il a ensuite fallu préparer la cuve filtrante. Après avoir coupé les poignées pour qu’elle rentre dans la cuve 100L, nous avons réalisé une foultitude d’entailles à la meuleuse avec un disque spécial inox. Cette opération a fait un peu chauffer l’inox par endroit ce qui lui enlève ses propriétés inoxydables! Il a donc fallut le passiver avec de l’acide nitrique. Une bonne session de lime à ongle plus tard, toutes les entailles étaient ébavurées! Il ne restait plus qu’à percer quelques trous pour fixer les pieds (avec des boulons de 8*40 en inox) et pour pouvoir attacher le système qui permet de remonter la cuve.

On peut voir sur cette photo les endroits qui ont chauffé!
On peut voir sur cette photo les endroits qui ont chauffé!

 

En haut le système d'attache, en bas les boulons qui servent de pieds et les entailles qui permettent de filtrer.
En haut le système d’attache, en bas les boulons qui servent de pieds et les entailles qui permettent de filtrer.

 

La cuve ébu (va falloir lui trouver un nom sympa :)) a eu besoin de moins de travail : un trou en bas de la cuve pour mettre une vanne et un sur le couvercle pour pouvoir faire revenir le moût pendant la recirculation.

Au sujet de la plomberie (déjà ma grande passion chez Paysanduweb… ou pas!) une pompe (située tout en bas pour qu’elle s’amorce) aspire le contenu de la cuve et le renvoi dans, au choix, trois circuits (donc trois vannes) :

  • le circuit de purge qui est simplement une vanne située sur un T directement en sortie de pompe (au plus bas donc) pour pouvoir tout vidanger
  • le circuit de recirculation qui comporte un thermomètre et une douchette pour renvoyer le moût gentiment sur le dessus
  • le circuit de refroidissement qui comporte un refroidisseur à plaque

Cette vidéo vous explique le tout!

Et enfin un palan fait maison avec une tige métallique sur laquelle est fixée une pédale de vélo et qui permet d’enrouler un câble en inox. Ce câble passe par deux poulies pour venir soulever la cuve filtrante :)

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Voilà pour la partie technique!

Coût

Voici maintenant la liste des matériaux et les prix.

  • 15m de tube carré 30*30 en acier : 24€
  • une cuve de 100L et une cuve de 70L en inox : 55,90 + 47,90 + 18,90 (fdp) = 122,70€
  • un réchaud à paella de 11,5 kw : 33,95 + 9,50 (fdp) = 44,45 €
  • couronne de 5m de cuivre 12mm (une barre de 2m aurait suffit…) :  21,50€
  • 3 vannes 15/21 à passage intégral chromées : 17,66€
  • 3 T en laiton 15/21 (2 lots de 2): 7,10 €
  • 4 raccords droits à souder à écrou libre : 7,40€
  • 4 raccords coudés à souder à écrou libre : 9,60€
  • deux manchons à souder en laiton : 1,88€
  • thermomètre à cadran : 12,20€
  • kit vanne inox démontable : 24€
  • adaptateur mâle cannelé inox : 3,60€
  • passe paroi inox (pour le couvercle) : 4,70€
  • 2 écrous inox 15/21 : 4,60€
  • 3 adaptateurs cannelés femelles inox : 10,80€
  • pompe : 38,50
  • 2 kits (male + femelle) raccord rapide (type tuyau d’arrosage) en laiton : 17,20€
  • alimentation pompe : 10,90€
  • disque à tronçonner l’inox : 3,25€
  • deux poulies 100kg : 10,40€
  • foret HSS 10mm : 12,55€
  • boite foret inox (2-8mm) :15,95€
  • emporte pièce 21mm : 14,80€
  • cable inox + sertissage : 12,05€
  • boulons + écrous inox 8mm*40 : 15€
  • acide nitrique : 8€
  • Récup : pédale de vélo, tige filetée, tole de machine à laver

Sous-total pico : 391,84€

Sous-total outillage/consommables : 54,55€

Sous-total frais de port : 28,40

Total : 474,79

Nous sommes un peu au dessus du budget que nous avions prévu (350€ environ). Plusieurs raisons peuvent expliquer cela : les frais de port, l’outillage spécifique que nous n’avions pas forcément (emporte pièce, foret spécial inox) et la difficulté de prévoir exactement la plomberie nécessaire. Avec des plans définitifs cela est possible mais nos plans ont un peu évolué entre le moment où nous avons commandé les cuves « parce qu’il fallait bien commencer par quelque part » et le moment ou nous avons tout mis en oeuvre. Globalement on reste pas trop loin de ce que nous voulions et bien moins cher que les pics « tradi » qui chiffrent  vites autour de 1000 euros!

Nous avons brassé hier (après la rédaction de cet article mais avant sa parution). Globalement le résultat est satisfaisant malgré quelques améliorations à prévoir. La première concerne la prise de température : un unique thermomètre en sortie de circuit de recirculation ne suffit pas. D’une il faut activer la pompe pour avoir une température correcte, de deux il y a des perte thermique entre la sortie de la cuve et le thermomètre.

Sur le process, nous pensions faire du « sans rinçage » en brassant directement avec tout le volume d’eau. Après avoir gouté les drêches cela me semble une mauvaise idée tellement elles ont un gout sucré!

La douchette qui permet(tait) de remettre le mout délicatement en haut de cuve ne marche pas ou mal : nous allons réessayer avec des trous plus gros afin qu’elle ne se bouche pas, mais surtout qu’elle ne se transforme pas en douche de SPA avec des jets haute pression 😀

Nous avions sous-estimé les pertes par évaporation pendant l’ébullition ce qui implique une baisse de rendement assez significative.

Il faut un coude en fond de cuve pour pouvoir la vidanger plus facilement que ce soit pour le nettoyage ou pour gagner 2/3 litres au moment du refroidissement. Cela devrait également améliorer la recirculation.

Des choses positives quand même : ça a marché! Nous avons mis en fermentation 44L de bière. Ca a été bien plus confortable qu’avec l’ancienne installation. Le moût est d’une limpidité impeccable. Voilà, la suite au prochain brassin :)

Brassin #10 – SMASH #1.1 (Centennial)

Nous en parlions dans l’article précédent nous faisons des SMASHs pour apprendre à connaitre les ingrédients, mais aussi pour arriver à bien les utiliser.

Ce coup-ci nous avions décidé de prendre les mêmes ingrédients que la SMASH #1 mais de les utiliser différemment pour lui apporter quelques corrections (trop sucrée, pas assez amère à notre goût).

Du coup nous avons décidé d’empatter un peu plus bas en température pour favoriser les sucres fermentescibles au détriment des sucres résiduels. Cela amène de fait un petit peu plus d’alcool puisque les sucres fermentescibles sont mangés par les levures!

Pour le houblonnage nous avons fait un First Wort Hopping (oui, nous aimons bien ça!) qui compte pour les 3/4 des IBUs (IBU = unité de mesure de l’amertume).  Le reste est apporté en Late Hopping à 10, 5 et 0 minutes de la fin de l’ébullition. Ce profil nous a semblé pas mal pour à la fois renforcer l’amertume et appuyer sur les aromatiques.

La recette

Détails de la recette

Brassin Ebullition IBU SRM DI estimée DF estimée % alc.
21 L 90 min 37.5 IBUs 6.4 EBC 1.045 SG 1.010 SG 4.6 %

Grains

Name Quantité %
Pilsner (2 Row) Bel 4 kg 100

Houblon

Name Quantité Durée Utilisation Forme % Acide Alpha
Centennial 20 g 90 min First Wort Leaf 9.1
Centennial 20 g 10 min Boil Leaf 9.1
Centennial 20 g 5 min Boil Leaf 9.1
Centennial 20 g 0 min Boil Leaf 9.1

Levure

Name Lab Atténuation Température
SafBrew Ale (S-33) DCL/Fermentis 73% 18.33°C - 22.22°C

Empattage

Etape Temperature Durée
Mash Step 65°C 60 min
Mash Out 78°C 10 min

Le résultat commence à peine a être consommable. Il y a encore un goût de sucre de resucrage présent, et la carbonatation est un peu faiblarde. Trop tôt pour vraiment se prononcer mais a priori les corrections que nous voulions apporter sont là! Une bonne satisfaction donc!

 

Quelques chiffres pour les curieux :

  • Brassée le 20/04/2015, embouteillée le 22/05/2015
  • 3 bouteilles de 25cl
  • 50 bouteilles de 33cl
  • 2 bouteilles de 75cl
  • Soit 55 bouteilles pour 18,75L
  • Coût des matières premières : 10,89€
  • Soit 0,58€/L de matières premières