Bilan du mois de Septembre 2016

Bonjour à tous!

Après avoir publié les chiffres des premiers mois sur Facebook (juillet et août) nous avons décidé de les publier sur le blog.

Ce mois de septembre est pour nous le premier mois avec un peu de volume en stock. Même si l’IPA n’est arrivée que sur la deuxième partie du mois, nous avons pu commencer le démarchage pour constituer la base de notre réseau de partenaires distributeurs.

Nous ne savions pas à quoi nous attendre en terme de chiffre car, si nous avions du stock, le mois de septembre est un peu particulier : fin de la période estivale (il y a une forte saisonnalité sur la vente de bière, beer geek exceptés :D), rentrée des classes, impôts sur le revenu etc etc.

Du coup, il y a une énorme satisfaction d’avoir presque doublé le chiffre d’affaire du mois d’août mais avec une petite interrogation : aurait-on vraiment doublé si nous avions eu du stock en août? Nous ne le saurons jamais! Nous nous contenterons de savourer cette progression 🙂 Sans relâcher nos efforts…

tout les voyants sont au vert pour ce mois de septembre :)
Tous les voyants sont au vert pour ce mois de septembre 🙂

On se retrouve le mois prochain pour faire le point!

Remise à 0 :-(

Bonjour à tous!

Il y a des boulettes dont on se passerait vraiment. Celle là tout particulièrement… Nous avons perdu le serveur sur lequel était hébergé ce blog (ainsi que les autres que nous avions depuis plusieurs années). C’était un serveur perso et nous devions migrer le tout sur un serveur pour la brasserie. Trop tard 🙁 Pour un ancien du web ça la fou vraiment mal!

Du coup nous avons perdu les articles qui expliquent la naissance et la création du projet, les rapports avec nos associés et le financement participatif. Bref on a vraiment les boules mais on ne peut rien faire sauf repartir de 0 sur un nouveau blog et un nouveau serveur. Le voici! 🙂

Nous allons essayer de prendre le temps de poster quelques articles sur le déroulement des 12 derniers mois, au moins sur les points qui nous semblent important!

A bientôt et bienvenue chez notre nouveau chez nous 🙂

EDIT : suite à un coup de pouce d’un collègue brasseur, nous avons pu mettre la main sur une sauvegarde en ligne du blog. Nous avons perdu les images mais nous avons pu re-créer une partie des articles! Houra!

 

#jesupportelapression : la campagne de financement participatif

Suite à la perte du blog, nous avons pu republier certains articles grâce à une sauvegarde en ligne mais nous avons perdu les images…

 

Nous avons lancé il y a quelques jours une campagne de financement participatif pour le financement des fûts, des tireuses à bière et du matériel d’enfûtage!

Ce matériel nous avions prévu de l’acheter au bout d’un ou deux ans, mais pouvoir démarrer l’activité avec serait un plus énorme :) Nous pensions au financement participatif depuis le début mais nous na savions pas quel serait le moment idéal. Un appel à projet entre le Crédit Agricole et la plateforme Bulb In Town nous a convaincu de le faire le plus rapidement possible : dès la création.

Et après 10 jours nous ne le regrettons absolument pas! Il y avait un risque car personne ne connait encore la brasserie ni nos bières. Mais c’était aussi une occasion unique de faire découvrir notre façon de voir les choses et l’état d’esprit que nous insufflons à notre brasserie. Aujourd’hui, sur les 9 000€ dont nous avons besoin pour mener à bien la campagne, nous avons déjà récolté 4 625€! Tout simplement incroyable :)

Ce tableau récapitule les contreparties que nous proposons. Un choix fort de notre part : ne pas transformer cette campagne en oeuvre caritative!

Ce tableau récapitule les contreparties que nous proposons. Un choix fort de notre part : ne pas transformer cette campagne en oeuvre caritative!

Notre choix de s’entourer d’une bonne équipe d’associés porte ses fruits et nous les remercions! Nous remercions aussi tout nos amis qui ont participé financièrement ou en faisant connaitre la campagne à leurs amis et sans qui nous ne serions pas à ce taux de réussite :)

La prochaine étape se situe au niveau local : la presse locale nous donne déjà un coup de main et nous allons mettre quelques affiches dans des lieux stratégiques. Avoir le soutient de nos proches est énorme, mais si en plus nous pouvions récolter le soutient de nos futurs clients, cela serait une marque de confiance fabuleuse!

Voici les affiches que vous pourrez voir dans le canton :) N'hésitez pas à en parler!

Voici les affiches que vous pourrez voir dans le canton :) N’hésitez pas à en parler!

Plus d’info sur http://jesupportelapression.fr ou sur http://facebook.com/leperelamer. Et si vous souhaitez nous aider un peu : https://www.bulbintown.com/projects/le-pere-l-amer.

Nous ferons un point à mi-campagne pour expliquer comment nous avons géré le lancement et ce que nous ferions autrement…ou pas :)

Création, statuts, capital social : explications!

Suite à la perte du blog, nous avons pu republier certains articles grâce à une sauvegarde en ligne mais nous avons perdu les images…

Notre projet de création avance à grand pas et nous avons déjà eu un paquet de réflexions et de choix à faire par rapport à différents sujets (juridique, financier, matériels, stratégie, valeurs, communication, etc.).

Concrètement, pour aller plus loin aujourd’hui il faut absolument que nous passions par la case création de la société. Nous avons fait le choix de nous entourer de nos amis proches et de nos familles pour cette aventure. Les raisons sont multiples et feront peut-être l’objet d’un article dédié mais citons quand même les deux principales. Vivre une aventure à 30 personnes est l’aspect le plus important : nous savons par expérience qu’entreprendre est difficile. Avoir ces personnes-là à nos côtés sera la première force de notre société. L’aspect qui est directement lié (puisqu’ils seront associés) est l’apport financier que cela représente et c’est une aide plus que bienvenue! Et ce choix a aussi causé notre premier changement de plan :)

La répartition du capital social : nos prévisions

Quand nous avons commencé à envisager sérieusement de créer notre micro brasserie nous avons commencé à lister les dépenses liées à la création de l’entreprise (installation, achat de matériels, approvisionnement pour les premiers brassins, charges pour les premiers mois, …). Nous avons évalué le montant à 50 000€ au minimum en rognant sur certains postes, en réalisant les travaux nous-même, en prenant une partie du matériel d’occasion et sans avoir une idée très précise du montant des travaux à réaliser (mais il y a de la marge entre le tout confort et le strict nécessaire pour démarrer l’activité correctement!).

Nous avons alors demandé à nos parents si ils pouvaient nous faire un prêt à hauteur de 15 000€ ce qu’ils ont acceptés et nous profitons de cette occasion pour les remercier une fois de plus (mais sans doute pas la dernière!) :)

Avec notre idée de vivre cette aventure avec nos proches, nous espérions réunir 5 000€ de plus (voici le mail que nous leur avons envoyé : Le Père l’Amer : Acte 1 Scène 1). Nous avions fixé un « ticket d’entrée » à 100€ pour que tout le monde puisse participer mais aussi pour que la prise de participation soit relativement conséquente et donc engageante (dans le sens « pas prise à la légère »). Nous tablions sur le gros des engagements à 100€ et quelques fous furieux à 200 ou 300€.

Pour les 30 000€ restants nous allions souscrire un prêt bancaire (nous avons déjà les offres des deux banques que nous avons contactées).

Seulement cela ne s’est pas passé comme prévu!

La répartition du capital social : dans la vraie vie

Une fois notre plan établi nous avons contacté tout nos futurs associés pour leur expliquer le projet (business plan et prévisionnel à l’appui) et savoir d’une part si ils étaient intéressés et d’autre part, si oui, à quelle hauteur ils voulaient participer et nous soutenir. Et là, énorme surprise! Au fur et à mesure que nous recevions les réponses, le montant des prises de participation s’envolait! Ce n’était pas forcement les personnes les plus dures à convaincre du bien fondé de notre projet mais pour nous c’est déjà une belle victoire.

A combien se monte le total des participations de nos associés? Plus de 15 000€! Oui vous avez bien lu (et je viens bien de l’écrire!). Et vous devez commencer à deviner à quel problème de riche nous avons été confronté : Céline et moi sommes devenus minoritaires dans la société que nous créons 😀

Répartition selon le plan de base

Après avoir reçu les réponses de nos amis et familles, en suivant le plan initial (1 action = 100€, création directe avec tout le monde) voici la répartition du capital. Céline et moi ne représentions « que » 49.8%.

Si au début cet état de fait nous semblait « normal », des discutions avec deux de nos futurs associés (les deux Benoît) nous ont amenées à nous poser des questions : quid de la prise de décision et de la rémunération. Pour la prise de décision notre point de vue a été assez nuancé : si nous souhaitons créer cette entreprise à 30 ce n’est pas pour ne pas prendre en compte l’avis de nos associés. Mais détenir les 2/3 des actions peut éviter de nous retrouver dans une situation de blocage, voir dans le cas où nous serions minoritaire de devoir faire des choses auxquelles nous ne croyons pas (et puis honnêtement, nous le faisons avec nos amis et familles, pas avec d’illustres inconnus dont nous ne connaissons ni les motivations ni les valeurs). Par contre l’aspect rémunération nous a vraiment posé un problème « éthique ». Aussi bien Céline que moi râlons sans arrêt sur les différences entre rémunération du capital et rémunération du travail. En tant qu’entrepreneurs nous savons qu’il est presque impossible de lancer une activité sans apport de capital et que cela représente un risque, et donc qu’une rémunération (dividende et/ou vente de la société) est normal. Mais pas plus haut que pour ceux qui travaillent tous les jours au bon fonctionnement de l’entreprise.

L’avantage d’avoir plein d’associés, c’est que nous pouvons discuter de ces questions avec plein de monde! Et la première chose que nous avons voulu savoir concerne les motivations de nos associés. Ce qui revient le plus et les objectifs de notre dream team sont dans l’ordre :

  • participer au projet
  • que le projet réussisse et que la bière coule à flot
  • si ils récupèrent leur mise sous une forme ou une autre c’est déjà bien
  • si en plus ils réalisent un gain, c’est la cerise sur le gâteau.

Il peut y avoir des variations d’une personne à l’autre mais le pattern moyen est celui-ci. Au moins nous sommes fixés et pouvons avancer sereinement sur les décisions à prendre pour la création de la société.

Ca va trancher Chérie!

Nous avons donc imaginé plusieurs solutions visant le même but : ramener notre part à 67% pour à la fois être majoritaire sur la prise de décision et revenir sur un partage des gains (si il y en a) plus juste à nos yeux.

La première est de limiter les prises de participation à 500€ par personne. C’est à la fois dommage pour l’entreprise et frustrant pour ceux qui voulaient contribuer au-delà de ce montant mais cela a l’avantage d’être simple.

La deuxième est de créer deux classes d’actions : une pour les fondateurs avec des droits étendus (droits de vote double, rémunération double) et une « classique » pour nos associés. L’objectif est atteint mais c’est compliqué au niveau juridique et entraîne un surcout à la rédaction des statuts.

La troisième est d’emprunter plus pour augmenter notre prise de participation mais nous sommes un peu à la limite de ce que nous pouvons raisonnablement emprunter. Il aurait fallu doubler notre emprunt.

La quatrième, et c’est celle que nous avons retenue, est de faire dans un premier temps la création de l’entreprise avec les deux fondateurs, suivie d’une augmentation de capital.

Cette solution permet d’aller plus vite pour la création (uniquement deux personnes) et donc de lancer les commandes de matériels ou de travaux plus rapidement. Elle permet de mettre en avant au niveau des statuts les deux fondateurs. C’est peu significatif maintenant, mais cela peut avoir son importance dans le futur. Cette solution nous permet également d’ajuster la fraction du capital que nous souhaitons conserver. Elle permet aussi de bénéficier de la totalité des apports. Elle entraîne néanmoins un changement pour nos associés : la valeur d’une action diminue par rapport à ce que nous avions prévu dans notre mail introductif. Dans notre prévision, une action valait 0.5% de la société (50 actions à 100 euros pour 25% du capital). Maintenant la valeur de l’action (en % de l’entreprise) dépend de l’apport de tout les associés. A l’heure où j’écris ces lignes le total se porte à 15 100€ pour 33% du capital. Avec des actions à 100€, une action représente 0.218% du capital. Si certains voulaient contribuer un peu plus la valeur descendrait encore un peu, si par contre certains voulaient se retirer ou baisser leur participation la valeur d’une action augmenterait.

Voici la nouvelle répartition obtenue par l'augmentation de capital.

Voici la nouvelle répartition obtenue par l’augmentation de capital. Pour repère, le plus gros contributeur (orange) voit sa quote part de capital passer de 10% à 6.6%.

La suite des évènements

Maintenant que nous savons comment nous allons procéder il va falloir dans l’ordre :

  • terminer les statuts pour la création
  • ouvrir un compte de dépôt dans la banque de notre choix
  • déposer les statuts au CFE qui s’occupe de le transmettre à tout le monde
  • faire une annonce dans le journal qui va bien
  • obtenir le KBis
  • revenir à la banque pour dire que tout s’est bien passé
  • modifier les statuts pour l’augmentation de capital.

Ca fait long et compliqué énoncé comme cela mais en fait cela se fait presque tout seul :)

Pourquoi cet article?

Tout d’abord parce que depuis le début, ici sur ce blog, nous avons fait le choix de la transparence (recettes, plans de fabrication de matériel coût inclus, etc.). Nous trouvons énormément de réponses à nos questions via les blogs/sites d’entrepreneurs, brasseurs, bricoleurs qui partagent leur savoir et leurs expériences, et nous souhaitons donc contribuer à ce cercle vertueux.

Avec plus d’une trentaine d’associés particulièrement dispersés (Vienne, Budapest, Sydney, Lomé, La Réunion et partout en France) s’est rapidement posé la question de la communication. Bien sûr nous utiliserons le mail et le téléphone pour des points d’avancements et les nouvelles du quotidien. Parallèlement ce blog « transparent » permettra d’éviter de longs mails indigestes pour détailler certains sujets, notamment ceux qui peuvent intéresser d’autres brasseurs, entrepreneurs, etc. Nos amis de Buffer nous ont largement inspiré avec leur blog http://open.bufferapp.com, merci à eux :)21

Premier pitch du Père l’Amer!

Suite à la perte du blog, nous avons pu republier certains articles grâce à une sauvegarde en ligne mais nous avons perdu les images…

Aujourd’hui était un grand jour (le premier?) de notre petite future entreprise. En effet, nous travaillons depuis presque deux mois sur notre business plan et notre prévisionnel financier. Et lors de notre dernier rendez vous à la chambre des métiers, notre interlocutrice nous a soumis l’idée de participer à un concours organisé conjointement par les trois chambres consulaires (agriculture, métier, industrie) : 5 minutes pour convaincre.

L’idée est de présenter votre projet devant un jury composé de professionnels de l’entreprise : banquiers, experts-comptables, assureurs, etc. Nous n’avions que 10 jours pour préparer le pitch mais nous avons décidé de relever le défi : présenter le projet à des interlocuteurs neutres, et à qui nous allons devoir parler et un bon entrainement! Et en plus il y avait une dotation de 1450€ : 1000 euros en cash à la création de l’entreprise et 450€ de prestation à la chambre des métiers.

Bon, je ne fais pas durer le suspens plus longtemps : veni, vidi, vici!!! Notre présentation est celle qui a le plus convaincu sur les 24 projets en lice!

Ci dessous vous trouverez le deck de slides que nous avons utilisé. Le jury était super emballé! Un seul point négatif : pas assez insisté sur la rentabilité (remarque du banquier of course, et à raison).

Donc nous repartons avec de bons feedbacks, 1000 euros en plus pour démarrer l’activité, un peu de couverture presse, des gens qui ont découvert et adhéré à notre projet et un patatometre à 100% 🙂

Prochaine étape : aller voir les banques pour de vrai!

En attendant, on lance un dry hopping sur notre dernier brassin à la fin de la semaine pour un embouteillage fin de semaine prochaine ;)12

La « pico » du Père l’Amer!

Suite à la perte du blog, nous avons pu republier certains articles grâce à une sauvegarde en ligne mais nous avons perdu les images…

Pour les nons-initiés, « pico » est le diminutif de « pico brasserie ». C’est un peu le bas de l’échelle en terme de volume, dans notre cas c’est une « pico 100L » qui va nous permettre de brasser au max 80L/85L par brassin (soit 4 fois plus qu’avec le matos actuel).

Le concept

Le modèle courant se compose de 3 cuves : une cuve « matière » qui permet de réaliser l’empattage et la filtration/rinçage, une cuve « ébu(llition) » qui permet de…faire bouillir le moût et de chauffer l’eau de rinçage et une cuve tampon qui permet de récolter le début du moût filtré en attendant que l’eau de rinçage ait été vidée. C’est la manière de faire la plus répandue : c’est bien documenté, c’est plutôt facile à faire, ça marche bien. C’est même ce que nous contions faire au début après avoir acheté le très bon ebook d’Olivier Picard de La Chaumontoise(plein de photos de pico « tradi » sur le lien en question).

Pour des questions de place (et de budget) nous avons choisi de faire une pico assez compacte : une seule cuve de 100L (et donc un seul réchaud) dans laquelle se glisse une autre cuve légèrement plus petite (70L). La petite cuve permet de mettre le grain dedans et de faire l’empattage. Une pompe permet de faire recirculer le moût du bas de la cuve vers le haut pour homogénéiser la température et clarifier le mélange (le gâteau de drêche assure le rôle de filtre). Une fois cette opération réalisée on soulève cette cuve via un palan et comme son fond est pourvu de près de 200 entailles cela nous permet de séparer le jus du grain. Le moût clarifié retombe dans la cuve de 100L pour commencer la phase d’ébullition et le houblonnage. Enfin, la pompe permet d’envoyer le moût dans le refroidisseur puis en fermentation 🙂

Deux trois photos valent mieux qu’un long discours!

La fabrication

La première étape a été de réaliser un châssis pour porter le tout, le transporter et le ranger facilement. Nous avons utilisé du tube en acier de 30×30. Un espace en bas permet de loger le bruleur et la partie haute permet de fixer les poulies qui servent à remonter la cuve filtrante. Le tout fait un peu moins de 1m70 par 64cm par 64cm. Compacte nous vous disions!Le support de la pico

 

Il a ensuite fallu préparer la cuve filtrante. Après avoir coupé les poignées pour qu’elle rentre dans la cuve 100L, nous avons réalisé une foultitude d’entailles à la meuleuse avec un disque spécial inox. Cette opération a fait un peu chauffer l’inox par endroit ce qui lui enlève ses propriétés inoxydables! Il a donc fallut le passiver avec de l’acide nitrique. Une bonne session de lime à ongle plus tard, toutes les entailles étaient ébavurées! Il ne restait plus qu’à percer quelques trous pour fixer les pieds (avec des boulons de 8*40 en inox) et pour pouvoir attacher le système qui permet de remonter la cuve.

On peut voir sur cette photo les endroits qui ont chauffé!

On peut voir sur cette photo les endroits qui ont chauffé!

 

En haut le système d'attache, en bas les boulons qui servent de pieds et les entailles qui permettent de filtrer.

En haut le système d’attache, en bas les boulons qui servent de pieds et les entailles qui permettent de filtrer.

 

La cuve ébu (va falloir lui trouver un nom sympa :)) a eu besoin de moins de travail : un trou en bas de la cuve pour mettre une vanne et un sur le couvercle pour pouvoir faire revenir le moût pendant la recirculation.

Au sujet de la plomberie (déjà ma grande passion chez Paysanduweb… ou pas!) une pompe (située tout en bas pour qu’elle s’amorce) aspire le contenu de la cuve et le renvoi dans, au choix, trois circuits (donc trois vannes) :

  • le circuit de purge qui est simplement une vanne située sur un T directement en sortie de pompe (au plus bas donc) pour pouvoir tout vidanger
  • le circuit de recirculation qui comporte un thermomètre et une douchette pour renvoyer le moût gentiment sur le dessus
  • le circuit de refroidissement qui comporte un refroidisseur à plaque

Cette vidéo vous explique le tout!

Et enfin un palan fait maison avec une tige métallique sur laquelle est fixée une pédale de vélo et qui permet d’enrouler un câble en inox. Ce câble passe par deux poulies pour venir soulever la cuve filtrante 🙂

Voilà pour la partie technique!

Coût

Voici maintenant la liste des matériaux et les prix.

  • 15m de tube carré 30*30 en acier : 24€
  • une cuve de 100L et une cuve de 70L en inox : 55,90 + 47,90 + 18,90 (fdp) = 122,70€
  • un réchaud à paella de 11,5 kw : 33,95 + 9,50 (fdp) = 44,45 €
  • couronne de 5m de cuivre 12mm (une barre de 2m aurait suffit…) :  21,50€
  • 3 vannes 15/21 à passage intégral chromées : 17,66€
  • 3 T en laiton 15/21 (2 lots de 2): 7,10 €
  • 4 raccords droits à souder à écrou libre : 7,40€
  • 4 raccords coudés à souder à écrou libre : 9,60€
  • deux manchons à souder en laiton : 1,88€
  • thermomètre à cadran : 12,20€
  • kit vanne inox démontable : 24€
  • adaptateur mâle cannelé inox : 3,60€
  • passe paroi inox (pour le couvercle) : 4,70€
  • 2 écrous inox 15/21 : 4,60€
  • 3 adaptateurs cannelés femelles inox : 10,80€
  • pompe : 38,50
  • 2 kits (male + femelle) raccord rapide (type tuyau d’arrosage) en laiton : 17,20€
  • alimentation pompe : 10,90€
  • disque à tronçonner l’inox : 3,25€
  • deux poulies 100kg : 10,40€
  • foret HSS 10mm : 12,55€
  • boite foret inox (2-8mm) :15,95€
  • emporte pièce 21mm : 14,80€
  • cable inox + sertissage : 12,05€
  • boulons + écrous inox 8mm*40 : 15€
  • acide nitrique : 8€
  • Récup : pédale de vélo, tige filetée, tole de machine à laver

Sous-total pico : 391,84€

Sous-total outillage/consommables : 54,55€

Sous-total frais de port : 28,40

Total : 474,79

Nous sommes un peu au dessus du budget que nous avions prévu (350€ environ). Plusieurs raisons peuvent expliquer cela : les frais de port, l’outillage spécifique que nous n’avions pas forcément (emporte pièce, foret spécial inox) et la difficulté de prévoir exactement la plomberie nécessaire. Avec des plans définitifs cela est possible mais nos plans ont un peu évolué entre le moment où nous avons commandé les cuves « parce qu’il fallait bien commencer par quelque part » et le moment ou nous avons tout mis en oeuvre. Globalement on reste pas trop loin de ce que nous voulions et bien moins cher que les pics « tradi » qui chiffrent  vites autour de 1000 euros!

Nous avons brassé hier (après la rédaction de cet article mais avant sa parution). Globalement le résultat est satisfaisant malgré quelques améliorations à prévoir. La première concerne la prise de température : un unique thermomètre en sortie de circuit de recirculation ne suffit pas. D’une il faut activer la pompe pour avoir une température correcte, de deux il y a des perte thermique entre la sortie de la cuve et le thermomètre.

Sur le process, nous pensions faire du « sans rinçage » en brassant directement avec tout le volume d’eau. Après avoir gouté les drêches cela me semble une mauvaise idée tellement elles ont un gout sucré!

La douchette qui permet(tait) de remettre le mout délicatement en haut de cuve ne marche pas ou mal : nous allons réessayer avec des trous plus gros afin qu’elle ne se bouche pas, mais surtout qu’elle ne se transforme pas en douche de SPA avec des jets haute pression 😀

Nous avions sous-estimé les pertes par évaporation pendant l’ébullition ce qui implique une baisse de rendement assez significative.

Il faut un coude en fond de cuve pour pouvoir la vidanger plus facilement que ce soit pour le nettoyage ou pour gagner 2/3 litres au moment du refroidissement. Cela devrait également améliorer la recirculation.

Des choses positives quand même : ça a marché! Nous avons mis en fermentation 44L de bière. Ca a été bien plus confortable qu’avec l’ancienne installation. Le moût est d’une limpidité impeccable. Voilà, la suite au prochain brassin 🙂

Pourquoi se lancer maintenant?

Quand nous avons commencé à brasser il y a quelques mois nous ne pensions pas franchir le cap de la création d’entreprise si rapidement (et à vrai dire nous ne savions pas si nous le franchirions un jour!).

Une petite mise en contexte s’impose 🙂 Nous avons entamé un changement de vie il y a 3 ans. Nous travaillions tous les deux dans l’informatique à Limoges et avions envie de choses plus concrètes, plus en liens avec la nature et alignées avec nos convictions. Nous avons acheté une ruine en Dordogne (voir nos travaux et plus surhttp://facebook.com/paysanduweb) avec comme projet « d’en faire quelque chose ». Plusieurs idées sont venues avec dans le désordre : du maraîchage, une table d’hôte, des produits transformés (comme le sirop de sureau, les poireaux vinaigrette ou les tomates confites), une ferme pédagogique, etc… Et la bière à l’automne 2014.

Nous avons donc acheté de quoi brasser car dans tout les cas nous consommons de la bière et cela rentrait dans notre démarche d’essayer de produire le maximum de chose pour nous (on revient au changement de vie radical!). C’était en Janvier 2015. Nous en parlons alors à nos amis et l’idée est plutôt bien accueillie! Pas de quoi créer une boite vous me direz 🙂

Nous enchainons alors nos brassins de 20L (la capacité de notre matériel) : les 3 premiers avec des recettes en kit (les ingrédients sont choisis et pesés pour vous et il y a une recette à suivre) puis avec nos propres recettes. J’en profite pour parler du forum http://brassageamateur.com/forum : une bible, une superbe communauté, actif et toujours de bon conseils. Si vous voulez vous lancer dans le brassage c’est une étape obligée!

Qui dit premiers brassins, dit premières dégustations! Bien sûr nous n’avons pas encore la patience requise (disons que les bières n’ont pas vraiment le temps de mûrir :D) mais là aussi les retours sont bons : que ce soit sur les kits (plutôt rassurant!) mais aussi/surtout sur nos recettes. Là encore, pas de quoi s’emballer.

Par contre l’idée de se lancer un jour se précise : brasser nous plait, les bières plaisent et cela rentre dans ce que nous nous imaginions faire « plus tard ». A savoir une activité en lien avec la bouffe (bon c’est du liquide mais vous voyez l’idée :)), qui nous permette de faire des marchés (le truc avec plein de monde et plein de truc bon à manger) et des rencontres.

C’est alors que des amis, qui sont aussi des voisins, nous parlent d’un de leur projet : proposer des tours de calèche pour 8/10 personnes le long de la rivière avec repas au bord de la dite rivière pour conclure. Bon aller j’arrête de faire monter le suspens : le tour en calèche passe par chez nous et ils nous proposent de faire un stop dégustation de bière. Excellent! L’idée nous botte vraiment (surtout que nous avions eu l’occasion de tester et le tour en calèche et le repas à la rivière) et même si à la base les bières que nous brassions étaient plutôt pour la consommation perso c’était une bonne occasion d’avoir du feedback. Du coup Béa et Sylvain ont commencé à tester leur concept avec leur cercle de connaissances début avril et nous avons eu nos premiers dégustateurs à la maison! Je ne vous fait pas un dessin : les gens sont ravis de l’après midi passée en leur compagnie et ont l’air plutôt content de l’étape dégustation! La conséquence directe pour nous est que sur les 120L embouteillés il nous reste seulement 20L.

Cette petite synergie entre nos deux projets (ils nous apportent de potentiels clients et le stop dégustation apporte une étape à leur tour en calèche) et les feedbacks positifs font que nous allons passer à l’étape suivante. D’une part en produisant plus pour pouvoir suivre le rythme des tours en calèche et d’autre part en officialisant tout cela pour avoir le droit de vendre.

Il y a des opportunités qu’il faut savoir saisir! Nous sommes convaincus que celle là en fait partie. A bientôt pour la suite des aventures!

Le Père l’Amer ouvre son blog

Mais d’abord, pourquoi un blog? Nous communiquons déjà sur Facebook depuis le début mais vu la tournure que prend notre aventure nous commencions à nous sentir à l’étroit!

En effet, après seulement une douzaine de brassins nous allons franchir le pas en passant « pro » et nous voulons partager de la meilleure des manières nos histoires! Ce passage « pro » est rapide, sans doute trop, mais il y a des opportunités qu’il faut savoir saisir.

Nous allons donc commencer les démarches pour l’obtention d’un statut d’entreprise (sans doute auto-entrepreneur dans un premier temps), aller voir les douanes pour devenir entrepositaire agréé et augmenter légèrement notre capacité de production (dans les limites de nos moyens et du lieu dans lequel nous brassons).

Ce blog va donc nous permettre de partager tout cela : de la vie de la brasserie d’un coté purement business, à la dégustation de bières en passant par la création des nôtres.