La « pico » du Père l’Amer!

Suite à la perte du blog, nous avons pu republier certains articles grâce à une sauvegarde en ligne mais nous avons perdu les images…

Pour les nons-initiés, « pico » est le diminutif de « pico brasserie ». C’est un peu le bas de l’échelle en terme de volume, dans notre cas c’est une « pico 100L » qui va nous permettre de brasser au max 80L/85L par brassin (soit 4 fois plus qu’avec le matos actuel).

Le concept

Le modèle courant se compose de 3 cuves : une cuve « matière » qui permet de réaliser l’empattage et la filtration/rinçage, une cuve « ébu(llition) » qui permet de…faire bouillir le moût et de chauffer l’eau de rinçage et une cuve tampon qui permet de récolter le début du moût filtré en attendant que l’eau de rinçage ait été vidée. C’est la manière de faire la plus répandue : c’est bien documenté, c’est plutôt facile à faire, ça marche bien. C’est même ce que nous contions faire au début après avoir acheté le très bon ebook d’Olivier Picard de La Chaumontoise(plein de photos de pico « tradi » sur le lien en question).

Pour des questions de place (et de budget) nous avons choisi de faire une pico assez compacte : une seule cuve de 100L (et donc un seul réchaud) dans laquelle se glisse une autre cuve légèrement plus petite (70L). La petite cuve permet de mettre le grain dedans et de faire l’empattage. Une pompe permet de faire recirculer le moût du bas de la cuve vers le haut pour homogénéiser la température et clarifier le mélange (le gâteau de drêche assure le rôle de filtre). Une fois cette opération réalisée on soulève cette cuve via un palan et comme son fond est pourvu de près de 200 entailles cela nous permet de séparer le jus du grain. Le moût clarifié retombe dans la cuve de 100L pour commencer la phase d’ébullition et le houblonnage. Enfin, la pompe permet d’envoyer le moût dans le refroidisseur puis en fermentation 🙂

Deux trois photos valent mieux qu’un long discours!

La fabrication

La première étape a été de réaliser un châssis pour porter le tout, le transporter et le ranger facilement. Nous avons utilisé du tube en acier de 30×30. Un espace en bas permet de loger le bruleur et la partie haute permet de fixer les poulies qui servent à remonter la cuve filtrante. Le tout fait un peu moins de 1m70 par 64cm par 64cm. Compacte nous vous disions!Le support de la pico

 

Il a ensuite fallu préparer la cuve filtrante. Après avoir coupé les poignées pour qu’elle rentre dans la cuve 100L, nous avons réalisé une foultitude d’entailles à la meuleuse avec un disque spécial inox. Cette opération a fait un peu chauffer l’inox par endroit ce qui lui enlève ses propriétés inoxydables! Il a donc fallut le passiver avec de l’acide nitrique. Une bonne session de lime à ongle plus tard, toutes les entailles étaient ébavurées! Il ne restait plus qu’à percer quelques trous pour fixer les pieds (avec des boulons de 8*40 en inox) et pour pouvoir attacher le système qui permet de remonter la cuve.

On peut voir sur cette photo les endroits qui ont chauffé!
On peut voir sur cette photo les endroits qui ont chauffé!

 

En haut le système d'attache, en bas les boulons qui servent de pieds et les entailles qui permettent de filtrer.
En haut le système d’attache, en bas les boulons qui servent de pieds et les entailles qui permettent de filtrer.

 

La cuve ébu (va falloir lui trouver un nom sympa :)) a eu besoin de moins de travail : un trou en bas de la cuve pour mettre une vanne et un sur le couvercle pour pouvoir faire revenir le moût pendant la recirculation.

Au sujet de la plomberie (déjà ma grande passion chez Paysanduweb… ou pas!) une pompe (située tout en bas pour qu’elle s’amorce) aspire le contenu de la cuve et le renvoi dans, au choix, trois circuits (donc trois vannes) :

  • le circuit de purge qui est simplement une vanne située sur un T directement en sortie de pompe (au plus bas donc) pour pouvoir tout vidanger
  • le circuit de recirculation qui comporte un thermomètre et une douchette pour renvoyer le moût gentiment sur le dessus
  • le circuit de refroidissement qui comporte un refroidisseur à plaque

Cette vidéo vous explique le tout!

Et enfin un palan fait maison avec une tige métallique sur laquelle est fixée une pédale de vélo et qui permet d’enrouler un câble en inox. Ce câble passe par deux poulies pour venir soulever la cuve filtrante 🙂

Voilà pour la partie technique!

Coût

Voici maintenant la liste des matériaux et les prix.

  • 15m de tube carré 30*30 en acier : 24€
  • une cuve de 100L et une cuve de 70L en inox : 55,90 + 47,90 + 18,90 (fdp) = 122,70€
  • un réchaud à paella de 11,5 kw : 33,95 + 9,50 (fdp) = 44,45 €
  • couronne de 5m de cuivre 12mm (une barre de 2m aurait suffit…) :  21,50€
  • 3 vannes 15/21 à passage intégral chromées : 17,66€
  • 3 T en laiton 15/21 (2 lots de 2): 7,10 €
  • 4 raccords droits à souder à écrou libre : 7,40€
  • 4 raccords coudés à souder à écrou libre : 9,60€
  • deux manchons à souder en laiton : 1,88€
  • thermomètre à cadran : 12,20€
  • kit vanne inox démontable : 24€
  • adaptateur mâle cannelé inox : 3,60€
  • passe paroi inox (pour le couvercle) : 4,70€
  • 2 écrous inox 15/21 : 4,60€
  • 3 adaptateurs cannelés femelles inox : 10,80€
  • pompe : 38,50
  • 2 kits (male + femelle) raccord rapide (type tuyau d’arrosage) en laiton : 17,20€
  • alimentation pompe : 10,90€
  • disque à tronçonner l’inox : 3,25€
  • deux poulies 100kg : 10,40€
  • foret HSS 10mm : 12,55€
  • boite foret inox (2-8mm) :15,95€
  • emporte pièce 21mm : 14,80€
  • cable inox + sertissage : 12,05€
  • boulons + écrous inox 8mm*40 : 15€
  • acide nitrique : 8€
  • Récup : pédale de vélo, tige filetée, tole de machine à laver

Sous-total pico : 391,84€

Sous-total outillage/consommables : 54,55€

Sous-total frais de port : 28,40

Total : 474,79

Nous sommes un peu au dessus du budget que nous avions prévu (350€ environ). Plusieurs raisons peuvent expliquer cela : les frais de port, l’outillage spécifique que nous n’avions pas forcément (emporte pièce, foret spécial inox) et la difficulté de prévoir exactement la plomberie nécessaire. Avec des plans définitifs cela est possible mais nos plans ont un peu évolué entre le moment où nous avons commandé les cuves « parce qu’il fallait bien commencer par quelque part » et le moment ou nous avons tout mis en oeuvre. Globalement on reste pas trop loin de ce que nous voulions et bien moins cher que les pics « tradi » qui chiffrent  vites autour de 1000 euros!

Nous avons brassé hier (après la rédaction de cet article mais avant sa parution). Globalement le résultat est satisfaisant malgré quelques améliorations à prévoir. La première concerne la prise de température : un unique thermomètre en sortie de circuit de recirculation ne suffit pas. D’une il faut activer la pompe pour avoir une température correcte, de deux il y a des perte thermique entre la sortie de la cuve et le thermomètre.

Sur le process, nous pensions faire du « sans rinçage » en brassant directement avec tout le volume d’eau. Après avoir gouté les drêches cela me semble une mauvaise idée tellement elles ont un gout sucré!

La douchette qui permet(tait) de remettre le mout délicatement en haut de cuve ne marche pas ou mal : nous allons réessayer avec des trous plus gros afin qu’elle ne se bouche pas, mais surtout qu’elle ne se transforme pas en douche de SPA avec des jets haute pression 😀

Nous avions sous-estimé les pertes par évaporation pendant l’ébullition ce qui implique une baisse de rendement assez significative.

Il faut un coude en fond de cuve pour pouvoir la vidanger plus facilement que ce soit pour le nettoyage ou pour gagner 2/3 litres au moment du refroidissement. Cela devrait également améliorer la recirculation.

Des choses positives quand même : ça a marché! Nous avons mis en fermentation 44L de bière. Ca a été bien plus confortable qu’avec l’ancienne installation. Le moût est d’une limpidité impeccable. Voilà, la suite au prochain brassin 🙂

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