Good Bye 2017. Hello 2018!

Déjà! 2017 s’achève sans qu’on ait pu s’en apercevoir 🙂 Enfin presque ! On s’est aperçu plusieurs fois dans l’année que le blog était à l’abandon…sans avoir trop de temps à lui consacrer pour autant. Du coup aujourd’hui je suis un peu perdu pour écrire ce billet, que ce soit sur le ton, la forme ou le contenu. Alors vous savez quoi ? On va commencer 2018 détendu de la capsule et se parler (enfin surtout moi dans un premier temps, mais les commentaires sont là pour poursuivre :D) tranquillement.

Good Bye 2017.

Notre première année complète d’activité, et quelle année ! Le premier enseignement qu’on en tire se situe au niveau du rythme. Il faut imaginer un travail normal couplé à un travail saisonnier. Les périodes de « travail normal » étant une sorte de « récupération active » 😀 On a fini rincé, moins efficace et un peu usé. Mais il fallait se faire prendre dans la danse une fois pour le savoir et sentir le tempo. C’est fait, next 🙂

Dans les périodes chaudes au niveau activité nous avons fait une autre découverte. Au départ nous pensions que pour dimensionner une brasserie, c’était sa capacité de fermentation qui était important. Avec 4 cuves tu produis plus qu’avec 3. Imparable. Et bah non ! Enfin si, mais faut les vider à un moment les cuves. Et c’est cette étape qui devient le facteur limitant. Fin décembre 2016 nous avions investit dans une embouteilleuse manuelle de qualité qui nous avait déjà radicalement changé la vie et sans laquelle 2017 aurait été un vrai cauchemar. Mais malgré elle, l’embouteillage reste une réelle corvée. C’est dur, répétitif, inintéressant, sans valeur ajoutée et avec notre équipement actuel trèèèèèèès chronophage. On a tenu 3 mois avec un brassin et un embouteillage toutes les semaines. Puis on a explosé au point qu’on a réduit la production et qu’on dort mal 2 jours avant les mises en bouteille. On est sur le sujet depuis quelques mois pour que la situation évolue mais cela prend toujours plus de temps que prévu. En attendant on brasse le minimum et ça ne peut pas durer : on veut passer la seconde en 2018 !

Tiens c’est marrant, on va parler maintenant d’une nouveauté 2017 qui a un lien avec les deux derniers paragraphes : le format des bouteilles ! Nous avons ouvert la brasserie avec un seul et unique format : 50cl. Une pinte. Deux demis. Une pinte pour la soif, deux demis pour partager. Un seul format pour les approvisionnements (bouteilles, cartons, coffrets, étiquettes,…). Bref je pourrais écrire un article entier sur notre choix pour le 50cl. Bien sûr le nombre de bouteilles à manipuler est un des arguments et face au 33cl il n’y a pas match. Pour 1000l, c’est 2000 bouteilles de 50cl ou 3000 bouteilles de 33cl. Sauf que après 6 mois d’activité (début 2017 donc) on se rend compte qu’une partie de nos prospects refuse nos produits non pas sur le contenu mais sur le format (il s’agit de ceux qui vendent la bière à consommer sur place : bar, restaurant, etc). On avait déjà quelques réticences de la part de certaines caves par rapport au 50cl. Mais là ce n’est plus de la réticence, c’est un NON. Au début on voit le signal, puis arrivent janvier et février. Encéphalogramme plat au niveau des ventes. On remet tout en question, on prend des décisions radicales, on s’emballe et bim on commande une palette de 33cl. Du coup on achète aussi une palette de cartons. Le doigt est dans l’engrenage. Le problème du pain et du fromage est face à nous : soit il restera des bouteilles, soit il restera des cartons. Dans tout les cas on s’est mis dans la merde à ce moment là 😀 Et oui, parce qu’on galère toujours à embouteiller. Du coup on ne va pas à fond sur le 33cl. Alors on fait de la rétention. On ne propose ce format qu’à nos clients qui font de la vente à consommer sur place. Tu vois le bordel quand le client en question fait bar ET cave. D’ailleurs si certains de nos clients lisent ces lignes : merci pour votre compréhension et votre patience ! Bref, la leçon de ce paragraphe c’est que des fois quand tu es au fond du trou, tu penses prendre une bonne décision pour en sortir et que en fait c’est une vrai fausse bonne idée ! L’occasion pour moi de te poser une question : pourquoi selon toi le 33cl est le meilleur format de tout l’univers ?

D’ailleurs ces histoires de format ont été un point de discussion lorsque nous avons fait nos deux collaborations (le 50cl a gagné vu qu’on assurait le conditionnement :D). Deux super moments de 2017 ! Je ne sais pas si il existe beaucoup de métier où ce genre d’échanges existent. Peut-être est-ce juste en lien avec les personnes plus qu’avec les métiers. Mais c’est quand même génial de pouvoir passer une journée à brasser avec un autre brasseur. Cela permet de s’ouvrir sur d’autres techniques ou d’autres approches, de montrer notre manière de procéder à un oeil neuf et très subjectif et de faire évoluer sa manière de travailler pour progresser encore un peu plus. C’est aussi l’occasion de sortir une nouvelle bière qui sort un peu des sentiers battus, ou plus extrême que ce que l’on ose faire habituellement (comme ça si c’est un bide on peut toujours dire que c’est à cause de l’autre brasseur 😀 Je rigole les copains…). Cette année nous avons brassé la Miladiou et l’Hirond’Ale (une double IPA et un hoppy porter). Par un curieux hasard j’ai regoûté ces deux bières cette semaine. Mais on s’en fout.

2017 ce sont nos premiers fûts. Du stress. Et de l’excitation. En fait le problème du fût c’est que justement il y a parfois des problèmes lors du tirage. Ça se passe quand même très bien la majeure partie du temps et dans ces cas là c’est un vrai bonheur. Les bières sortent souvent plus nettes et précises qu’en bouteille et elles sont accessibles en un temps très court à énormément de monde. On remercie ceux qui nous on fait confiance cette année pour mettre nos bières sur leurs becs <3 On a aussi pu travailler sur des commandes un peu plus grosses pour des petits festivals. Expériences mitigées sur les aspects business, mais on découvre vraiment cet aspect là donc on travaille sur une nouvelle offre avec une approche différente. Pendant très longtemps ça a été un marché trusté par les industriels et on doit essayer de construire d’autres liens avec les assoc’. C’est en bonne voie 🙂

2017 ce sont aussi nos premiers festivals/salons de la bière. Hormis une très mauvaise expérience à Agen, on a passé de très bons moments à Toulouse (Toulouse Beer Fest et Octobière) et Bordeaux (BLIB). Pour résumer en un mot : intense. On croise beaucoup de monde lors de ces journées, et si parfois la réussite commerciale n’est pas au rendez-vous, on arrive à l’équilibre avec l’aspect humain. Des visiteurs curieux et intéressés, plein de collègues dans le même jus, et encore plus de nouvelles bières à goûter. On en revient à chaque fois comme d’un mariage : fatigué et nostalgique 😀

Enfin, une petite note sur les aspects plus business. On fini l’année avec une brasserie avec une santé financière qui nous permet d’aborder 2018 sereinement. Notre objectif de chiffre d’affaires a été dépassé (on a même pu fêter la barre des 100k€ de CA HT sur l’année, 103k pour être exact). De nouveaux clients nous rejoignent. Et d’après Untappd, nos bières sont globalement appréciées. Un bémol (et de taille :D) tout de même, nous ne nous sommes pas encore versé un seul euro. C’est imminent mais cette année c’était encore trop court (mais dans certain cas c’est pas définitif ^^). Et franchement il est temps. Sans parler de notre situation personnelle, cela fait un peu plus de deux ans qu’on travaille sur ce projet et 18 mois que la production a débuté. On n’est pas contre un peu de bénévolat de temps en temps, mais là ça fait long. Juste sur l’aspect psychologique cela va nous faire du bien. Ce sera une étape importante de franchie !

Hello 2018!

 

Après ce petit retour sur 2017, je te propose un petit point sur nos réflexions pour 2018.

Le premier gros point, tu t’en doutes, c’est de régler le problème du conditionnement. On souhaite vraiment pouvoir accélérer la cadence cette année mais si on ne règle pas ce problème on aura l’effet inverse. Donc priorité numéro 1. On s’active sur le sujet depuis septembre. Janvier et février devraient être propices pour boucler quelques dossiers. Une grosse question en suspens sur le choix de la stratégie d’investissement, mais dans chacun des deux plans envisagés on débloque la situation. L’objectif c’est de pouvoir produire entre 400 et 500hl cette année.

Le second point, qui est peut-être aussi gros que le premier, c’est de prendre des vacances tout de suite 😀 Il n’y a pas à chier : janvier, février et septembre sont les seuls mois pendant lesquels on peut prendre une semaine ou deux sans se mettre trop dans le rouge niveau production/livraison. Je ne te fais pas de dessin, janvier c’est tout de suite et il va passer vite !

Dès que les points 1 et 2 sont réalisés (surtout le 1 et surtout le 2) on avance sur le sujet #33clpourtous. On a pas encore vraiment de plan sur le comment. Autant sur la gamme régulière on peut avancer à taton et rééquilibrer les stocks au fur et à mesure pour que la transition se fasse en douceur chez nos clients. Autant sur la gamme éphémère on pense que le 33cl va cannibaliser le 50cl et qu’une partie de nos clients préférera prendre une autre ref ou ne rien prendre que prendre du 50cl. On n’a rien contre passer tout en 33cl sur ces bières là mais on a quand même du stock de cartons en 50cl. Du coup on verra le moment venu 🙂 En tout cas 2018 = 33cl.

Un de nos sujets de l’année sera sans doute la vente en ligne. On avance pas mal sur nos réflexions actuellement et on aime bien l’idée de pouvoir proposer nos bières directement. Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes une touuuuute petite brasserie très peu distribuée (50% de notre chiffre d’affaires en vente directe depuis l’ouverture) et que pouvoir te permettre de boire une de nos bières n’importe où en France ça nous parle. Financièrement ça risque d’être pour la gloire vu le peu de volume qu’on va passer (en dessous d’un certain nombre de colis par mois on ne bénéficie pas de tarifs avantageux sur l’expédition) mais à moyen terme cela peut être vraiment cool. Cela pourrait même justifier une partie d’une embauche. L’idée telle qu’on la voit aujourd’hui en tout cas ce n’est pas de proposer quelques packs de 12. Encore une fois, on est que 2 à bosser pour le moment, et on ne peut pas avoir une personne dédiée à la préparation de commande h24. Donc on partirait sur un pack découverte de la gamme régulière, un pack de 12 sur toutes les références en stock et le « fresh pack » (celui qui nous fait kiffer) : 4 bouteilles des trois dernières références embouteillées. Ca te parle ?

Autre point prioritaire, j’en ai parlé rapidement déjà, se payer. Je parle même pas d’un salaire confortable chacun hein. Mais un des objectifs derrière la création de cette brasserie c’est la création de nos deux emplois. Et pour le moment on a juste créé le travail lié à ces deux emplois 😀 Mais on touche du bois, on est sur le bon chemin et cela nous motive d’autant plus !

Un des trucs qu’on aimerait mettre en place, au même niveau environ que le huitième jour de la semaine, c’est de créer un lieu, ou des « moments », à la brasserie. Car tu fais partie de nos bons moments de 2017. Ces moments où on déguste, on discute de bière puis d’autre chose. On a eu l’occasion le mois dernier de tester pendant 3 week-end consécutifs plusieurs petits « moments ». Un bar le vendredi soir, un atelier dégustation le samedi midi et une auberge espagnole le samedi midi également. On s’est sans doute bien lourdé sur la communication, et malgré l’échec incontestable sur le plan de la fréquentation et des ventes, on a passé à chaque fois d’excellents moments qui valaient largement le temps qu’on y a consacré.

La boutique de la brasserie!

Et enfin sur l’aspect produit on veut continuer d’explorer le monde merveilleux de la bière. Cela passe par des expérimentations de notre côté (vieillissement en barrique, fruits, fermentations hybrides voire bizarres, etc) mais aussi par de nouvelles collaborations ! On a le match retour de la Miladiou déjà prévu, un match A/R de prévu avec des collègues du coin et on va essayer d’en faire quelques unes de plus ! Là aussi, dès qu’on pourra conditionner de la 33cl plus facilement on hésitera moins à inviter les copains à brasser chez nous 🙂

Bon, c’est pas le tout mais on a un inventaire à faire ! Si tu as des questions, des commentaires, des bisous ou des insultes, n’hésite pas en commentaire ! Que les dieux de la festivité soient avec toi pour 2018 (une partie d’eux vit en chacune de nos bouteilles :-)) !

4 commentaires sur « Good Bye 2017. Hello 2018! »

  • Bel exercice de transparence !

    Pareil de notre côté, des choix (tellement) dont certains ne se révèlent pas très judicieux a posteriori, des doutes (faut-il faire du tradi pour percer dans les bars/restos locaux ou du moderne car c’est ce qu’on aime ? Ou les deux ? Doit-on développer les fûts alors qu’on marge bien moins, mais cela permet d’écouler rapidement du volume ? … reste-on en jetable, cher et pas très ecolo au final, ou passe-t-on en inox, mais alors faut une rinceuse qui vaut un bras…).

    Des objectifs (bio, sans gluten, BA, festochs, collabs…) ; des moments euphoriques, le plaisir de recevoir au bar … et le fait que dans ce merveilleux métier, tu ne t’ennuis pas une seule seconde, le temps passe TRES vite.

    Belle année 2018 à vous !

    • Hahaha c’est exactement cela! Tu te doutes que j’ai dû trancher et ne pas mettre tous les questionnements sinon j’aurais dû trouver un éditeur 😀

      Ceci dit, cela pourrait être un exercice sympa d’en parler ici. En plus d’avoir l’avis potentiel d’autres personnes, cela aurait le mérite de structurer la réflexion et de pouvoir y revenir quelques semaines/mois plus tard pour se souvenir du contexte dans lequel certains choix ont été fait.

      Excellente année à vous également! On aura sans doute l’occasion de se croiser en 2018 😉

  • je retrouve bien les éléments de notre discussion d’il y a qq mois et ai très envie de vous accompagner dans ce développement.
    on s’appelle ?
    bonne soirée

    • Et oui tout à fait! Les délais d’obtentions de certains documents nous ont permis d’avancer dans notre réflexion et on va s’appeler très rapidement! Sans doute la semaine prochaine, ou cette semaine pour un rendez-vous la semaine prochaine? Bonne soirée et bonne année!

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